Côté caster

Publier un casting : le guide du directeur de casting

Écrire une annonce qui attire les bons profils, trier sans se noyer, répondre, auditionner et sécuriser le paiement, de la publication à la fin du tournage.

Mis à jour le 10 min de lecture


Publier une annonce est facile. Recevoir les bons profils l'est beaucoup moins, et c'est là que se joue tout le reste : une annonce imprécise ne produit pas moins de candidatures, elle en produit plus, et de moins bonnes. Le travail de tri que tu n'as pas fait à l'écriture, tu le feras à la main, cent fois.

Ce guide couvre le cycle complet, de la rédaction jusqu'au paiement, avec les points où ça dérape le plus souvent.

Une annonce de casting est une offre, pas une petite annonce

La différence est concrète. Une petite annonce décrit ce que tu cherches. Une offre décrit aussi ce que tu proposes, et donne au candidat de quoi décider s'il postule.

Un comédien qui lit ton annonce se pose cinq questions, dans cet ordre :

  1. Est-ce que ce rôle est pour moi ?
  2. Est-ce que je suis libre à ces dates ?
  3. Est-ce que je peux m'y rendre ?
  4. Est-ce que c'est payé, et combien ?
  5. Qu'est-ce qu'on attend de ma candidature ?

Une annonce qui laisse une de ces questions sans réponse perd les profils les plus expérimentés, ceux qui n'ont pas le temps de deviner, et garde ceux qui candidatent partout. C'est exactement l'inverse de l'effet recherché.

Le titre

C'est ce qui s'affiche dans la grille, à côté des autres. Il doit contenir le rôle, le type de projet et le lieu. Trois éléments, pas plus.

« Femme 30 à 40 ans, rôle principal, long métrage, Bordeaux » se lit et se filtre. « Recherche talents pour projet ambitieux » ne dit rien à personne, et ne remonte dans aucune recherche.

Évite les majuscules, les points d'exclamation et le mot « urgent ». Ils signalent l'amateurisme avant de signaler l'urgence.

Décrire le rôle sans décrire un fantasme

Décris le personnage, puis ce que la personne devra faire. Pas le physique idéal que tu imagines.

Une tranche d'âge apparente large plutôt qu'un âge précis. Une allure plutôt qu'un gabarit. Une énergie plutôt qu'une couleur de cheveux, qui se teint en une après-midi. Plus le critère est cosmétique, plus il élimine des gens qui auraient convenu.

En revanche, sois très précis sur ce qui est non négociable et vérifiable : parler couramment une langue, savoir nager, conduire, monter à cheval, avoir un permis, tenir un instrument. Ces critères là filtrent utilement, parce qu'on ne les improvise pas sur un plateau.

Et dis ce que le rôle implique concrètement : nombre de jours, présence de texte, cascades, scènes de nuit, dénudé même partiel. Le dénudé doit être annoncé dans l'annonce, jamais découvert plus tard.

Le cachet n'est pas dans l'annonce, et c'est voulu

Sur One Cast, une annonce ne porte aucun montant, et tu ne peux pas la déclarer « non rémunérée » : toutes les prestations sont payées, et le prix est celui que chaque artiste affiche sur son profil, dans sa grille tarifaire (journée, demi-journée, forfait...). C'est ce tarif qui te sera proposé au moment de retenir quelqu'un, et tu choisis la prestation que tu paies dans sa grille. Un montant différent, pour un tournage de plusieurs jours ou un forfait négocié, se convient dans la messagerie, par une proposition de cachet.

Ce que l'annonce dit, en revanche, c'est le défraiement : ce que la production prend en charge en plus du cachet. À l'étape de la logistique, tu coches les postes couverts (transport, repas, hébergement, frais de garde) et, si tu veux, un plafond en euros. Laisse vide si rien n'est prévu : une ligne « défraiement : non » se lirait comme un refus, alors que rien n'a simplement été décidé. Ce qui est coché s'affiche sur la fiche, sur la card avec la pastille « Défrayé », et sert de filtre aux artistes qui cherchent.

Ce qui ne passe pas : demander de l'argent, sous quelque forme que ce soit, ou proposer de régler en dehors du paiement sécurisé. Le filtre de contenu refuse d'ailleurs à l'envoi une annonce qui renvoie vers un numéro, un e-mail ou un réseau social.

Les dates et le lieu

Donne les dates de tournage, même approximatives, et dis si elles sont fermes. Un comédien qui bloque une journée doit savoir ce qu'il bloque.

Donne la ville, pas seulement la région. Le lieu exact peut rester privé, mais un candidat doit pouvoir calculer son trajet. Et si les frais de déplacement ne sont pas pris en charge, dis-le dans l'annonce, pas au moment de l'audition.

Ce qu'il ne faut jamais demander

Quatre choses écartent immédiatement les profils sérieux et, pour certaines, sortent du cadre.

  • De l'argent, sous quelque forme que ce soit : frais de dossier, caution, book obligatoire chez un photographe imposé.
  • Des photos dénudées ou en sous-vêtements à l'étape de la candidature.
  • Une pièce d'identité avant une sélection effective.
  • Des coordonnées bancaires avant un accord, quel qu'en soit le prétexte.

Si ton projet comporte des scènes sensibles, elles s'annoncent dans le texte de l'annonce et se discutent en audition, avec un cadre. Elles ne se testent pas par photos interposées.

Trier sans se noyer

Une annonce correctement écrite reçoit des candidatures exploitables. Reste à les traiter, et le piège classique est la boîte de réception : on lit, on oublie, on relit.

Chaque casting dispose d'un tableau à quatre colonnes, reçues, présélection, retenus et refusés. Une candidature se déplace de l'une à l'autre, et l'état reste visible. Trois habitudes rendent l'outil réellement efficace.

Fais un premier passage rapide, sans juger finement. Oui, non, peut-être. Tu ne cherches pas encore le bon profil, tu réduis le volume.

Écris tes notes tout de suite. Chaque candidature accepte des notes privées, invisibles du candidat. La raison pour laquelle tu as mis quelqu'un de côté s'oublie en deux jours et ne se retrouve jamais.

Ne laisse rien en présélection indéfiniment. Une présélection qui grossit est une décision reportée, pas une sélection.

Tu peux aussi partager ta sélection avec un réalisateur ou un producteur, et exporter la liste. Ces outils sont ouverts à tous les comptes, sans supplément.

Répondre, même quand c'est non

Rien ne t'y oblige, et c'est pourtant le meilleur investissement du processus.

Un candidat qui reçoit un refus revient sur tes annonces suivantes. Un candidat qui n'a jamais eu de réponse ne revient pas, et il le dit autour de lui. Sur un marché où la même communauté se recroise pendant des années, la réputation d'une production se construit surtout sur ce qu'elle fait des gens qu'elle ne prend pas.

Un refus tient en deux phrases, et des modèles de messages permettent de ne pas les réécrire à chaque fois.

Les auditions

Propose des créneaux depuis la conversation : le candidat en choisit un, et la date est actée sans allers-retours.

Trois choses à envoyer avant, systématiquement : le texte s'il y en a, l'adresse exacte avec les indications d'accès, et la durée prévue. Trois choses à faire sur place : commencer à l'heure, dire quand la réponse arrivera, et t'y tenir.

Si tu demandes un essai filmé à distance, précise le cadre attendu et demande une seule prise. Sinon tu recevras cinq versions par candidat et tu passeras ton temps à les départager à leur place.

Sécuriser le paiement

Retenir un artiste, c'est le payer. Quand tu fais glisser sa carte vers « Retenus », la fenêtre de paiement s'ouvre au tarif qu'il affiche sur son profil, et c'est le paiement confirmé qui fait entrer la carte dans la colonne. Tu choisis la prestation dans sa grille (journée, demi-journée, forfait), et le détail des frais se recalcule sous tes yeux avant de payer.

Pour un montant différent, l'accord se fait dans la messagerie : tu proposes un cachet, avec une unité et éventuellement un jour de prestation, et l'artiste peut contre-proposer. Une nouvelle proposition ferme celle qui était en attente, ce qui évite de finir avec trois montants ouverts. Tu peux aussi partir de la fiche d'un artiste avec le bouton « Réserver » : tu choisis tes dates dans son calendrier et ta réservation part comme une proposition de cachet, sans débit tant que tu ne paies pas.

L'accord ne déclenche pas le paiement : c'est un acte séparé, qui t'appartient. Quand tu paies, les fonds sont sécurisés. Ils quittent ton compte et n'arrivent pas encore au comédien : ils sont immobilisés jusqu'à ce que tu valides la prestation.

Ce mécanisme te protège autant qu'il le protège. Tant que la prestation n'a pas été déclarée réalisée, tu peux annuler : au-delà du préavis que l'artiste affiche sur sa fiche (48 heures, 7 jours ou 15 jours, c'est son choix), tu es intégralement remboursé, frais compris ; en deçà, l'artiste est payé quand même, parce qu'il a bloqué sa date. Une annulation dans les deux heures qui suivent le paiement est toujours remboursée. Et si le tournage s'est mal passé, « Faire une réclamation » ouvre un dossier examiné par notre équipe, qui peut rembourser, verser, ou partager le cachet. De son côté, l'artiste sait que l'argent existe, ce qui change la nature de la relation dès le premier jour.

Un point à connaître avant de cliquer, parce qu'il change le montant que tu verras : tu paies des frais en plus du cachet. Le barème est symétrique, deux lignes de chaque côté, des frais de service et des frais de plateforme, calculées sur le cachet négocié. Les tiennes s'ajoutent à ce que tu débites, et celles du comédien sont retenues sur ce qu'il touche. Sur un cachet de 100 €, tu débites donc un peu plus de 100 € et il reçoit un peu moins. Les taux en vigueur sont dans la FAQ.

Tu ne le découvres jamais après coup : le bouton de paiement annonce le total débité, pas le cachet nu, et le détail des deux lignes apparaît sur la page de règlement comme sur ton relevé.

Un reçu numéroté t'est émis dès le paiement sécurisé, détaillant le cachet, tes deux lignes de frais, le total débité et le net comédien. La facture de tes propres frais suit au même moment. C'est la seule chose que One Cast prélève sur un cachet : publier des annonces, gérer les candidatures et auditionner ne coûtent rien.

Le droit à l'image, et le cas des mineurs

Ne laisse pas cette étape pour la fin du tournage.

Une autorisation de droit à l'image s'émet depuis ta sélection, pré-remplie avec le nom d'état civil du comédien, le producteur, le projet et les dates. Tu y définis l'étendue de la cession : supports, territoire, durée, publicité, montage, exclusivité. Le comédien l'accepte en ligne par un acte positif, et la signature est horodatée.

Deux règles à connaître. Une autorisation signée est immuable : elle ne se modifie plus, il faut en émettre une nouvelle. Et un comédien mineur à la date du tournage exige un représentant légal nommé, contrôlé au moment de l'émission. Ce n'est pas contournable.

Si tu veux comprendre ce que le comédien voit de son côté et pourquoi la cession de droits pèse sur son tarif, le guide sur les cachets le détaille.

La checklist avant de publier

  • Le titre contient le rôle, le type de projet et la ville.
  • Le personnage est décrit par une allure et une énergie, pas par une fiche physique.
  • Les critères non négociables sont vérifiables et justifiés.
  • Ce que le rôle implique est dit : jours, texte, nuit, cascades, dénudé.
  • Le défraiement est coché s'il existe, avec son plafond éventuel.
  • Les dates sont données et leur caractère ferme est précisé.
  • La ville est indiquée.
  • Ce qui est attendu d'une candidature est écrit.
  • Rien dans l'annonce ne demande d'argent, de photos dénudées, de pièce d'identité ou de coordonnées bancaires.

Quand tout est coché, publie. Tu peux d'abord regarder comment le parcours se présente côté comédien, consulter les questions fréquentes, ou ouvrir ton espace caster.

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