Côté artiste

Combien gagne un figurant ou un artiste

Comment un cachet se construit vraiment : les unités de facturation, ce qui fait monter le prix, ce que le tarif ne couvre pas, et comment l'argent arrive sur ton compte.

Mis à jour le 10 min de lecture


C'est la question la plus posée et la plus mal répondue. La plupart des pages qui prétendent y répondre citent une fourchette recopiée d'un article recopié d'un autre, sans dire de quoi elle parle : une journée ? une prestation entière ? avant ou après défraiement ? avec quels droits cédés ?

Ce guide ne te donnera pas un chiffre à retenir, parce qu'il n'en existe pas. Il te donne autre chose, qui sert plus longtemps : la façon dont un cachet se construit, les variables qui le déplacent vraiment, et la méthode pour positionner le tien sans te tromper ni te brader.

Pourquoi il n'existe pas un tarif

Deux personnes peuvent passer la même journée sur le même plateau et être payées très différemment, sans que ce soit injuste. Ce qui est acheté n'est pas le même.

L'une est en arrière-plan pendant huit heures, interchangeable, sans texte, et son image n'apparaîtra jamais assez nettement pour être identifiable. L'autre a trois répliques, elle est reconnaissable à l'écran, et le producteur veut pouvoir utiliser son visage dans la bande-annonce et dans une campagne d'affichage pendant deux ans.

Ce n'est pas la même prestation, et ce n'est surtout pas la même cession de droits. Un tarif ne se compare donc qu'à conditions égales.

Les unités de facturation, et pourquoi elles comptent

Sur One Cast, un artiste n'affiche pas un chiffre unique : il affiche une grille, avec jusqu'à six lignes. C'est volontaire, parce que les prestations n'ont pas la même forme.

  • La journée est l'unité de référence du tournage. C'est celle qui s'affiche en tête de ton annonce et celle sur laquelle un caster te compare.
  • La demi-journée existe parce qu'une partie du travail tient en quatre heures. La facturer comme une journée fait fuir, la facturer à la moitié pile ignore le temps de trajet et de préparation.
  • L'heure convient aux prestations courtes et cadrées, une voix, une présence sur un plateau photo.
  • La semaine s'utilise sur les projets longs, et elle se négocie mécaniquement sous le prix de cinq journées : ce que tu vends alors est aussi ta disponibilité continue.
  • Le forfait prestation couvre un livrable entier, quel que soit le temps passé. Utile, et risqué : sans périmètre écrit, un forfait absorbe toutes les dérives.
  • Le libellé libre sert à tout le reste, et c'est le seul type que tu peux poser plusieurs fois.

Chaque ligne accepte une précision sous le montant. Sers-t'en. « Hors défraiement », « 8 h de tournage », « déplacement inclus dans un rayon de 30 km » : ces quelques mots évitent la moitié des malentendus.

Les six variables qui déplacent vraiment un cachet

La nature du projet

Un film étudiant, un court métrage autoproduit, une série, un long métrage et un film publicitaire n'ont ni les mêmes budgets ni les mêmes usages de l'image. La publicité paie généralement mieux, et ce n'est pas un hasard : elle achète des droits d'exploitation commerciale bien plus larges.

Ce qu'on te demande de faire

Figuration, silhouette, rôle parlé : c'est l'échelle la plus déterminante, avant même le type de projet. Dès que tu es identifiable, la valeur change.

Les droits cédés

C'est la variable la plus sous-estimée par les débutants. Sur quels supports ton image sera-t-elle utilisée, sur quel territoire, pendant combien de temps, et la publicité est-elle incluse ? Une cession mondiale, tous supports, sans limite de durée n'a rien à voir avec une diffusion sur un festival. Si on te demande la première au prix de la seconde, ce n'est pas un tarif, c'est une erreur de ta part. Lis la partie sur le droit à l'image dans le guide pour devenir artiste avant de signer quoi que ce soit.

La rareté de ce que tu apportes

Une compétence réelle et vérifiable déplace un tarif plus vite qu'un curriculum : conduire un poids lourd, monter à cheval, parler une langue avec un accent juste, pratiquer un sport de combat, jouer d'un instrument à l'image. Un tournage n'a ni le temps ni le budget d'apprendre, donc il paie pour ne pas avoir à le faire.

La contrainte que tu acceptes

Nuit, extérieur en hiver, immersion dans l'eau, maquillage prothétique de trois heures, tonte de cheveux, disponibilité bloquée sur plusieurs semaines sans garantie de jours travaillés. Tout cela se facture, et se facture séparément.

La production elle-même

À prestation identique, une production installée et une association qui monte son premier projet n'ont pas la même capacité de paiement. Ce n'est pas une raison de travailler gratuitement, c'est une raison de savoir à qui tu parles avant d'annoncer un prix.

Ce que ton tarif ne couvre pas

Un cachet n'est pas un salaire net dans ta poche, et confondre les deux est l'erreur qui gâche le plus de premières expériences.

Les défraiements sont distincts du cachet : transport, repas, hébergement quand le tournage est loin. Ils se demandent, ils se chiffrent, et ils ne se déduisent jamais du cachet.

Les heures supplémentaires existent. Une journée annoncée à huit heures qui en fait douze n'est plus la journée que tu as vendue. Écris ta durée de référence dans la précision de ton tarif, c'est la seule façon d'en parler sereinement le jour venu.

Les préparations comptent : essayages, répétitions, coiffure et maquillage lourds, apprentissage d'un geste technique. Si elles occupent une demi-journée, elles se facturent.

Et il reste les charges et impôts. Selon ton statut, ce que tu reçois n'est pas ce que tu gardes. Renseigne-toi sur ta situation avant de fixer un prix, pas après.

Sur One Cast, tout est payé, et c'est toi qui chiffres

Ici, une annonce de casting ne porte pas de montant et ne peut pas se déclarer bénévole : toutes les prestations sont rémunérées, et le prix est celui que tu affiches sur ton profil. Quand un caster te retient, c'est ta grille qui lui est proposée, et il paie avant le tournage. Ton tarif journée est obligatoire, parce que c'est lui qu'on propose par défaut ; le reste de la grille (demi-journée, heure, semaine, forfait, libellé libre) est à toi.

Deux choses restent à part. Le défraiement, ce que la production prend en charge en plus (transport, repas, hébergement), est annoncé sur l'annonce et ne fait pas partie du cachet. Et le préavis d'annulation que tu choisis, avec la remise que tu peux y adosser : un préavis long protège ta date, une remise compense la souplesse que le caster perd, et les deux s'affichent avec ta grille.

Le bénévolat et la participation aux frais existent ailleurs, sur d'autres plateformes ou hors ligne. Si tu acceptes un projet non payé, que ce soit un choix explicite, pour des images utilisables ou une expérience de plateau, jamais une position par défaut.

Comment fixer ton premier tarif

Il n'y a pas de barème à consulter, mais il y a une méthode, et elle marche.

  1. Regarde ce qui est affiché autour de toi. Les profils sont publics et consultables sans compte : parcours les annonces de ta ville, filtre sur des profils comparables au tien en expérience et en compétences, et lis leurs grilles. C'est la donnée la plus proche de ton marché réel.
  2. Lis le baromètre, pas seulement les profils. Le baromètre des tarifs agrège les grilles réellement affichées, par type de prestation. C'est l'autre moitié de l'information : ce que ton marché pratique, et pas ce qu'un seul profil affiche.
  3. Pose une journée, puis déduis le reste. La demi-journée n'est pas la moitié, la semaine n'est pas cinq fois. Ajuste en conscience.
  4. Ne descends pas pour être choisi. Un tarif nettement sous le marché ne déclenche pas de candidatures retenues, il déclenche des doutes sur le sérieux du profil.
  5. Révise après tes premières prestations. Un tarif se corrige. Une réputation de professionnalisme, non.

Comment un cachet se négocie sur One Cast

La négociation ne se fait ni par téléphone ni dans un fil de commentaires, mais dans la messagerie, et elle laisse une trace.

Le caster envoie une proposition de cachet : un montant, une unité, et éventuellement le jour de prestation. Tu peux accepter, refuser, ou contre-proposer ton prix. La contre-proposition est le point important : elle est prévue, elle est normale, et elle ferme automatiquement la proposition précédente pour qu'un seul montant reste ouvert dans la conversation. Personne ne se retrouve avec trois chiffres et aucun accord.

Accepter ne déclenche aucun paiement et ne te débite de rien. C'est un accord sur un montant, rien de plus.

Comment l'argent arrive vraiment

C'est la partie que personne ne détaille, et c'est celle qui pose le plus de problèmes dans la vraie vie.

Une fois le montant accepté, le caster paie. Les fonds quittent son compte mais ne t'arrivent pas encore : ils sont sécurisés. Concrètement, l'argent existe, il est immobilisé, et il t'est garanti. C'est la réponse à la question « et si on ne me payait pas ». Tant que la prestation n'est pas validée, un remboursement intégral du caster reste possible aussi : le paiement sécurisé protège les deux côtés, pas un seul.

Après la prestation, le caster valide, et le versement part vers ton compte bancaire. C'est à ce moment que les frais de la plateforme sont retenus, sur ce versement.

Ces frais méritent une phrase de plus, parce que c'est là que les plateformes sont souvent floues. Il y en a deux, des frais de service et des frais de plateforme, et le barème est symétrique : le caster paie les siens en plus du cachet, tu paies les tiens en moins. Les deux sont calculés sur le cachet négocié, jamais sur un total, donc jamais des frais sur des frais. Le détail des deux lignes t'est montré avant que tu acceptes, pas découvert après. Les taux en vigueur sont dans la FAQ.

C'est la seule chose que One Cast prélève sur un cachet : il n'y a ni abonnement, ni option payante, ni palier qui débloquerait une fonctionnalité.

Deux justificatifs numérotés sont émis. Le caster reçoit un reçu dès le paiement sécurisé, détaillant le cachet, ses propres frais, le total qu'il a débité et ce que tu vas toucher. Toi, tu reçois la facture de tes frais à toi, au moment de la libération des fonds, parce que c'est là qu'ils sont retenus. Chacun reçoit la facture de ses propres frais, et les deux se retrouvent dans tes documents.

Pour recevoir cet argent, tu renseignes une fois ton identité, ta date de naissance, ton adresse et un IBAN, depuis l'application. Tu n'as pas besoin d'être auto-entrepreneur, et aucune information d'entreprise ne t'est demandée.

Ce qu'il faut vérifier avant d'accepter

Avant de dire oui à un montant, tu dois pouvoir répondre à ces six questions.

  • Le montant couvre quelle durée exactement, et que se passe-t-il si elle est dépassée ?
  • Les défraiements sont-ils pris en charge, et lesquels ?
  • Quels droits sur mon image sont cédés, sur quels supports, quel territoire, quelle durée, publicité incluse ou non ?
  • La préparation, les essayages et les répétitions sont-ils comptés ?
  • La date est-elle ferme, et que se passe-t-il en cas de report ?
  • Le paiement passe-t-il par la plateforme, donc par le paiement sécurisé ?

Si la réponse à la dernière question est non, tu perds la garantie de paiement. C'est ton choix, mais fais-le en le sachant.

Le mot de la fin

Le bon tarif n'est pas le plus élevé que tu puisses demander, ni le plus bas qui te fasse retenir. C'est celui que tu peux justifier en trois phrases, tenir sans regret, et réviser quand ta situation change.

Complète ta grille tarifaire et vérifie tes réponses dans les questions fréquentes si un point reste flou.

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